Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /2009 10:20


Samedi 8 août 2009

Pour l’instant, trop fatiguée pour raconter quoique se soit.


Dimanche 9 août

Il est 9h30 et je ne sais pas à quelle heure, je peux t’appeler. Cela fait presque 3 heures que je suis réveillée et chaque minute, t’es consacré.
L’air que je respire est emplit de toi, comme lorsqu’on n’a pas de cigarette sous la main avec le manque, le désir, le regret.
Les larmes viennent, j’ai tellement envie d’entendre ta voix me dire « je t’aime ».
Parfois, je me dis que tu es la pire des drogues. Mais une si douce drogue.
Je me dis aussi que je ne suis qu’une allumée : être amoureuse, sans jamais ne t’avoir vu, sans jamais ne t’avoir touché.

Là, j’ai mal, car tu me manques. Je me dis que je n’arriverai jamais à tenir 3 semaines sans toi.

J’ai aussi peur que tu te rendes compte du ridicule de notre situation et surtout que tu ne m’attendes pas et que tu préfères une autre, plus jeune près à te voir en réel.

Aujourd’hui, le soleil joue  à cache-cache avec les nuages et je ne sais si il fera assez beau pour que j’aille me baigner.
J’attends pour t’appeler, parce qu’à la minute où je vais raccrocher, je serai de nouveau en manque, pour une journée entière.


Je viens d’entendre ta voix au téléphone : je suis mieux.
Fini le café, DuCasse. Montre-leur que tu es le meilleur.
Je t’aime mon Ange.


J’ai essayé de faire une sieste mais sans succès. Je n’ai plus l’habitude de dormir huit heures d’affilées !
Et, puis d’habitude, je sais qu’après la sieste, je te retrouve.
Je crois que je vais faire, comme les prisonniers, dans certains films, faire des croix sur les murs, pour décompter, les jours qui nous séparent.
Non, contrairement, à ce que tu disais, ce matin, je n’écris pas un roman, en trois volumes sur toi.
Peut-être que cela fera trois volumes mais ce n’est pas un roman et ce sera plutôt sur moi et ce que je ressens loin de toi.
J’essayerai aussi d’analyser, cette merveilleuse aventure que je partage avec toi, depuis presque 5 mois.
Pourquoi, parce que j’ai envie de le partager avec toi. Et puis, parce qu’il n’y a personne avec qui je ne peux le partager dans le réel.
Il m’est arrivé de faire des trucs de dingue dans ma vie et j’avais toujours des amies à qui me confier.
Je pense qu’on ne choisit jamais au hasard ses ami(e) s. Les miens tolèrent très bien mon coté jobarde parce qu’ils savent que je suis toujours là, quand il faut être sérieuse et pour pouvoir écouter sans juger.
Mais là, avec secondlife, il est trop compliqué de comprendre, si on ne connaît pas bien cet univers parallèle. En tout cas, c’est ce que je me dis. J’ai peut-être tort d’ailleurs. Mais, je n’ai pas envie d’essayer
.

Il est presque 15 heures, il y a du vent mais il fait beau.
Je vais aller me baigner.

L’eau était bonne : j’ai pu plonger direct dans l’eau. Ce qui m’arrive très rarement. Dommage qu’il y ait des méduses cette année. Je n’en avais jamais vu dans la Manche.
Je suis heureuse parce que Roman n’a pas été effrayé, cette année, lors de sa première baignade.
Ce n’est pas par hasard, si j’ai décidé de re-lire, sur la plage, l’œuvre d’Emile Zola.
En lisant la préface d’Yves Berger, je me marre, j’ai l’impression de lire sur DuCasse.

Demain, il faut que j’amène mon appareil photo. Peut-être, que mon builder de cœur pourra me construire, sur secondlife, ma villa, les pieds dans l’eau que je lorgne, depuis des années.
Secondlife, n’est-il pas là, pour qu’on puisse réaliser des rêves auxquelles nous ne pouvons accéder dans le réel ?

Il est 23h. Je ne pense pas que le sommeil viendra vite ce soir. Pourtant, j’ai hâte d’être à demain, pour entendre ta voix.
J’ai peur que tu m’oublies.


Tu vas me dire que cette crainte est infondée.
Mais comment ne pas avoir peur lorsqu’un amour ne tient qu’en mots ?

Rarement, je me dis que notre amour n’est qu’un château de cartes que nos deux folies ont construit. Il suffit qu’un des deux se réveille et comme les cartes, le château va s’écrouler.
Rarement, je me le dis, mais je me le dis.


Ce soir, je n’arriverai pas à lire.
J’ai du mal depuis deux ans, même pendant mes vacances.
Je pense que les hospitalisations sont la raison principale à cette difficulté ; secondlife aussi.

Je me suis longtemps réfugiée dans la lecture, puis il y eut internet. Je lisais encore beaucoup, pendant mes vacances. En général, une quinzaine de roman pour trois semaines de vacances. Cette année, j’irai, peut-être au-delà de deux ou trois romans.

En dehors de ma scolarité et de mes formations, je viens de me rendre compte, je ne lis que des romans.
Travaillant dans le concret et le douloureux, c’était, peut-être, le seul moyen pour moi, de me changer d’univers ; d’autant plus avec des lectures de prédilections pour des auteurs morts et enterrés depuis belles lurettes où des policiers, univers à mille lieux du mien.

Depuis, mars et notre amour, par contre, je reprends plaisir à écrire.
Comme si, j’avais peur que tout s’arrête d’un seul coup et sans aucune trace ne reste.

J’ai toujours aimé écrire, aussi loin que je me souvienne.
Puis le manque de temps, la vie, m’avait fait oublier ce plaisir.
Puis, il y eut internet, en 2000, et les forums de discussions. Je dirai plutôt le forum de discussion avec des forumeurs qui savaient écrire mais surtout argumenter.

Il a bien fallu aiguiser son clavier, malgré les fautes d’orthographe et la syntaxe défaillante. Puis, il y eut le plaisir d’écrire des choses vécues où des petits délires parfois à plusieurs mains ou lors d’échange de mails avec des allumés des mots.

Je me souviens, encore, de ma jubilation de la visite du musée de la Commune de Paris, à Saint-Denis, non pas pour son apport à ma culture d’anarchiste embourgeoisée, mais plus à l’élaboration de mon mail délirant pour mon copain de forum Ravachol.
Souvent et c’est ce que je préférais, j’entraînais mes copines, dans mes petits délires d’internautes et je faisais des copiés/collés de mes écrits où des liens vers les forums ou s’étalait ma piteuse prose.

Désormais le partage de ses écrits est limité à David et à ceux qui lisent mon blog : amis, ennemis ou sliens.
Comment partager des sentiments sur un univers inexplicable, à celui qui n’y a jamais mis les pieds ?

Aussi, je n’ai peut-être, pas envie de partager mon univers, tout simplement avec mes proches, parce que cela relève de mon jardin secret ; ou d’une face de ma personnalité qu je n’ai pas envie de partager avec eux, ou que je n’ai pas envie qu’ils connaissent.

Personnellement, je pense avoir une approche assez schizophrénique lorsque j’aborde secondlife. Je suis moi-même, mais je ne suis pas toute à fait la même sous secondlife.
En aucun cas, même si tout n’est pas étanche, je n’ai envie de mélanger, mes deux vies.

Ainsi, anecdotiquement, mes amis savent que j’ai créé un jardin d’artistes. Ma famille connaît fredy la tristesse, David le squelette, Bruno docteur House et quelques autres. Incidemment, mon mari connaît un peu plus les relations que j’ai entretenues avec phil et maintenant avec David. Mais ils ne connaissent pas les détails.

En fait, c’est un réel plaisir d’avoir deux vies qu’on a l’impression de mener en parallèle.

Parfois, on a envie que cela fusionne, mais on sait que cela est impossible car cela voudrait dire compromission, choix déchirant, et perte.
Alors, oui, il faut d’une certaine manière, mentir par omission, biaiser, arranger la vérité.
Dire, l’entière vérité, cela voudrait dire décevoir des personnes auxquelles je tiens et modifier l’image qu’ils ont de moi.

Ai-je le droit de le faire ? Ou ai-je bonne conscience ?

La Catherine d’il y a plus de deux ans vous dirait qu’elle n’a pas le droit de le faire. Mais c’était avant, la maladie qui venait clôturer 3 années de merde dans ma vie professionnelle et familiale.
Au sujet de la bonne conscience, bien que je n’ai jamais été très adepte de la morale, j’ai toujours été très franche, très rarement menteuse, en tout cas toujours très honnête.
Donc, tout cela me travaille parfois.

Mais, j’en reviens toujours à la même conclusion. Suis-je heureuse ainsi ?
Oui je suis heureuse dans mes deux univers et égoïstement, je pense avoir le droit  à ce bonheur multiplié par deux.
J’ai conscience que la vie est courte, surtout la mienne, à vrai dire, et j’ai envie d’en jouir pleinement, dans tout les sens du terme.

En me relisant, à plus d’une heure du matin, je me rends compte comme d’habitude que je me disperse.
Tout cela me semble très décousu, sans réel plan, bordélique.
Mais peut-on être organisée lorsqu’on parle de son ressenti ?
Le seul plan que je peux tenir, ici, c’est, je crois, par la forme journal/daté de cet écrit.











Par Nathalie Charman - Publié dans : Tu étais dans ma valise
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