Mardi 1 septembre 2009
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Lundi 10 août
Il est 10 heures du matin et je n’attends qu’une chose, te téléphoner.
Tu me manques tellement David.
J’ai l’impression de radoter, de le dire, de le répéter.
A cette heure, nous serions sûrement soit entrain de travailler, soit de faire l’amour.
Depuis plusieurs semaines, nous sommes redevenus monogame.
Je pense que cela à voir avec mon infidélité d’un matin, où je ne t’ai pas attendu.
Peut-être qu’un jour nous reviendrons à nos jeux sexuels à plusieurs. Mais pour l’instant, aucun des deux n’en ressent le besoin, l’envie, je crois.
Paradoxalement, je crois que c’est en étant un couple libre, que je suis devenue jalouse.
Je suis heureuse, lorsque avec mon nez d’experte, je détecte l’homme derrière, l’avatar féminin, méfiante, lorsque la nana semble intelligente et carrément flippée lorsqu’elle est jeune et encore
plus si elle s’intéresse à tes builds.
Je suis sûre que cela te fera te marrer. Mais tu me tiens David et sacrément.
Je file te téléphoner.
Tu n’as pas brancher ton téléphone et je commence à me faire des films : ça y est, il ne veut plus de moi. Il s’est lassé. Il est retourné dans les bras de l’autre.
Au lieu, de trouver, une explication toute simple, du genre son portable est déchargé. Je m’enfonce dans les scénarios les plus sombres et j’ai les larmes au bord des yeux.
Je suis quelqu’un qui doute énormément sur moi, mais jamais sur mes amours. Et là, avec cet amour à distance, je me fais des films et doute au moindre contre temps.
Ce n’est pas de David que je doute, parce que j’ai confiance en David. Mais c’est l’absence de la vision, l’éloignement qui me fait perdre mon radar infaillible jusqu’à présent.
De toute façon, j’aurais dû lui dire clairement que je l’appellerai, le matin, au lieu de me ronger les ongles à sang.
Comment puis-je douter de David ?
Il m’a tellement donné de preuve d’amour.
Il est tellement direct, franc à blesser parfois.
Je me rends compte que cette histoire me rend malade, fragile. Je suis sur le fil du rasoir. Je me suis rendue vulnérable.
Mais, j’aime être ainsi.
Ne plus avoir le sentiment de maîtriser tout.
David me fait perdre pieds. Moi qui ai le vertige, j’aime ça.
Pour moi, l’amour a toujours été quelque chose de simple, sans larmes où alors l’amour n’était plus là.
Avec David et secondlife, le moindre malentendu prend des proportions mélodramatiques.
Heureusement, d’ailleurs que David n’est pas quelqu’un de torturé ou de tortueux dans ses relations amoureuses parce ma vie serait un enfer.
Il va sûrement, encore une fois, se moquer de moi, lorsque je vais lui raconter. Je crois aussi qu’il y prend un malin plaisir, c’est une manière de lui montrer mon attachement.
Évidemment, lorsqu’il m’a rappelé, il s’est moqué de mes doutes et craintes.
Dans ces moments, il m’énerve d’être si sûr de lui et de me tenir dans le creux de sa main.
Qu’un homme de 24 ans puisse avoir autant d’ascension sur moi étonnerait, certainement la plupart de mes vielles copines : moi avec mes grandes principes de féministe.
En tout cas, les quelques minutes passées au téléphone, me permettront de passer une bonne journée, malgré la grisaille.
Tant que je n’ai pas eu David au téléphone, je n’arrivais pas à avancer, ce matin, dans ma première vie. Maintenant, ma journée sera plus douce.
Finalement, j’ai fait une sieste.
Je pense que le mieux est de commencer par le début et de retourner aux sources et à mon arrivée sur secondlife.
J’avais vaguement vu un reportage sur secondlife début 2007. Je crois que c’était à arrêt sur image. La seule information intéressante que j’avais retenue c’est qu’on pouvait voler de lieu en
lieu.
Je pense que mon cerveau avait retenu autre chose.
Car comment expliquer qu’en ce dimanche de deuxième tour d’élections présidentielles, alors qu’un copain venait de m’apprendre le résultat en début d’après-midi, je décidais d’installer
sl ?
Le pote m’avait déjà averti au premier tour en 2002.
Sarko au pouvoir, c’était la fin pour moi des forums politiques.
Après 7 ans je n’avais plus la force d’argumenter de me battre pour mes idées. Et, puis qu’argumenter face à un tel vote ?
En 2007, hormis pendant les élections, les forums de discussions étaient quasiment mort. Nous étions plus à l’aire du blog et discuter avec moi-même, ce n’était pas vraiment pour moi.
Mon forum roulait tout seul et je commençais sérieusement à m’ennuyer sur internet.
J’avais connu l’âge d’or et j’en étais une des personnalités incontournable.
Je n’entrerai pas dans les détails de cette période, mais Emma de marianne en ligne était connu comme le loup blanc, soit haïe, soit adorée.
J’arrivais donc sur secondlife, en ce dimanche après-midi, sans trop savoir ce que j’allais y faire.
Mes premiers mois, sans but précis furent un enchaînement de camping, de rencontres amicales ou sexuelles.
Avant de partir en vacances, comme j’étais premium, j’achetais un petit terrain de 512 m2 sans finalité définie.
Lors de mes vacances, je réfléchissais à ce terrain : pourquoi ne pas mettre les toiles de mon conjoint et puis ceux d’autres artistes ?
J’avais déjà visité des galeries et j’étais ulcérée par les commissions où les fees demandées. Je me demandais comment des artistes sans argent pouvaient exposer sur secondlife. Nous étions encore
au royaume du fric.
A mon retour de vacances, j’exposais mon projet à des amis, assez enthousiaste malgré mes 117 prims.
Je n’eus pas trop le temps d’avancer car quelques jours après mon retour j’étais hospitalisée en urgence pour 15 jours.
Ma vie basculait complètement.
Je venais juste de retrouver un équilibre familial. J’avais retrouvé goût à mon travail.
Cette putain de maladie allait me rendre inutile pendant de très long mois.
Dès mon retour de l’hôpital, je créais plusieurs alts pour camper et pour rapidement trouver un terrain plus grand pour mon projet.
Le 512m2 serait mon terrain test.
Si cela ne fonctionnait pas, je trouverais bien une autre activité pour meubler mon désoeuvrement.
Il est 23h. Après le restaurant, j’ai été m’asseoir, seule sur un banc. Face à la mer, j’ai pensé à toi. J’avais envie d’être sur ce banc, simplement dans tes bras. Tu me manques tellement.
Comme toi, ce n’est pas sl qui me manque, mais toi.
Je passais une annonce sur jol, pour faire de la pub, trouver de l’aide et des soutiens car à vrai dire que je ne connaissais pas grand monde dans la communauté francophone.
Valérie Fratica, trouvant mon idée intéressante m’envoya pendant de long mois de nombreux artistes.
Je me trompe, peut-être, mais je crois que c’est elle qui me présenta David et pas le contraire.
Je ne connaissais nullement David, pas même de réputation. Je trouvais son avatar très original, en contradiction totale avec les propos qu’il tenait. Comment un zombie, pouvait être aussi
disponible et près à aider mon petit projet ?
Il me dit qu’il ne fallait pas se fier aux apparences (c’est marrant, tout se passait à l’écrit mais maintenant, j’entends sa voix me le dire).
En tout cas, David se proposait de me construire une sky/galerie avec un minimum de prim.
Plus tard, je me rendis compte de l’effort que cela pouvait représenter pour lui : David est un très gros consommateur de prims.
Il me présenta Shenn entre autre.
Il m’apprit à faire le cadre de toile que j’utilise toujours.
En tant que simple spectatrice, j’assistais à quelques un de ses cours individuel.
J’admirais sa patience, sa pédagogie en tant que professeur. Il ne faisait pas ses 22 ans, lorsqu’il enseignait. Je me marrais aussi beaucoup, par les commentaires qu’il pouvait faire en im avec
moi sur certain de ses élèves.
Je ne sais plus à quel moment, je deviens une de ses maîtresses et lui un de mes amants. Nous étions tout les deux très branchés cul sur secondlife. J’avais beaucoup de plaisir à retrouver David,
l’amant, parce que nous avions les mêmes goûts, beaucoup de fantasmes communs et surtout nous n’avions aucune difficulté ou tabou à parler sexualité ensemble.
Personnellement, en réelle et sur sl, je n’ai jamais eu aucune difficulté à parler sexualité. Mais, David était le premier, sur secondlife à en parler aussi librement. D’ailleurs, par la suite,
j’en ai croisé très peu. Comme si sl était le lieu uniquement du faire, mais jamais en mots, ou si peu.
A ce propos, je trouve hallucinant, que sur un lieu, ou l’anonymat est roi, où on trouve tous les endroits possibles et inimaginables pour assouvir le moindre fantasme sexuel, soit autant auto
censuré au niveau de la parole. Nous pouvons vivre nos fantasmes mais il est quasi impossible d’en parler. La moralité, l’hypocrisie et il faut sauver les apparences semblent régner en maître.
Personnellement, je n’ai aucune difficulté à énoncer les rares limites que j’ai en la matière sur sl : la pédophilie, la scatologie et piquer le mec d’une copine. Les apparences et les
allumeuses sont reines. Par exemple, pour l’avoir testé, la reine de l’allumage sur son blog est une nullité au pieu et manque totalement d’initiative. Si vous avez pensé le contraire, c’est que
vous n’êtes pas difficile a contenter et tant mieux pour vous ;-)
Pour moi David, avant que nous nous retrouvions en mars, restait, le meilleur baiseur que j’avais eu comme amant sur secondlife.
Lorsqu’il m’annonça son partenariat et son désir de rester fidèle, je me dis que je ne serai pas la seule à le regretter en tant qu’amant. J’étais très contente pour lui. Il était si amoureux et si
enthousiaste. J’étais heureuse pour mon ami, bien que pour moi, à l’époque, c’était incompréhensif de tomber amoureux sur secondlife.
Après coup, je me suis sûrement dit où j’ai pensé si fort : t’inquiète, je ne serai pas la seule à être là pour te consoler.
L’essentiel, c’est que je restais son amie.
Je pus admirer ses différentes réalisations et fût subjuguée par son Pont des Arts.
J’avoue ne pas avoir trop suivi le camp du Darfour, parce qu’au moment de ma deuxième opération. Je dois aussi dire que les œuvres humanitaires sur secondlife ce n’est pas du tout ma tasse de
thé : surtout un truc pour faire mousser les organisateurs (je sais que ce n’était pas l’intention de David) et qui rapportent trois kopeks aux associations.
Je savais en me rendant à l’invitation de David sur l’exposition des droits de l’Homme à travers les jeux olympiques que politiquement parlant je ne serais pas satisfaite. Nous avions parlés
politique, à quelques reprises, et nous n’étions vraiment pas du même bord.
Effectivement, au niveau politique, je passais mon temps à gaver Phil avec mes commentaires du genre « c’est un scandale d’avoir oublier de parler de tel ou tel événements », alors que le
pauvre avait déjà la migraine à lire tous les panneaux.
De mon coté, à trop lire les panneaux, j’en ai oublié certaines oeuvres (j’ai entre autre oublié, la machine à remonter le temps). Mais encore une fois, je fus bluffée par l‘ensemble de ses
constructions et puis j’entendais sa charmante voix pour la première fois.
Pendant toute cette période, bien que je discutais très rarement avec David et le croisait que lors des vernissages, je remarquais qu’il n’était plus le David que j’avais connu. Il était toujours
très gentil et prévenant, mais son coté malicieux et joyeux semblait avoir disparu. Il ne semblait pas heureux.
De mon coté, pendant toute cette période, j’avais aussi évolué.
En juin 2008, je devais reprendre mon travail à mi temps pendant trois mois (en fait avec les lenteurs administratives se fût 5 mois).
Par ailleurs, je me sentais prisonnière de mon rôle d’administratrice du jardin des artistes.
Ce que j’avais aimé dans la réalisation du jardin c’était accueillir les artistes sans lindens. Mais avec mes multiples extensions du jardin à Genève, les nouveaux artistes étaient de plus en plus
avec lindens et ils considéraient le jardin comme un lieu d’exposition parmi tant d’autres. Fini la flamme des Youkoulili, des Milady, des Camulogène et des Grace.
Par ailleurs, j’aimais beaucoup aménager le lieu et avec un terrain comme celui de Genève, je ne trouvais aucun plaisir dans l’aménagement.
Dans ma vie réelle, j’ai parfois tendance à prendre des mesures radicales et là je décidais de tuer Romane pour revenir sous un nouveau avatar, abandonner le jardin et commencer une troisième
vie.
Nathalie Charman naquit.
Au début, bien que gardant des liens avec les nouveaux administrateurs du jardin et mes plus proches ami(e) s, je retrouvais un semblant d’anonymat et m’éclatais beaucoup avec Nathalie,
sexuellement parlant surtout.
Aussi, pour la première fois, je tombais amoureuse, d’un photographe que Romane avait accueilli à la fin de son jardin. Il n’était pas libre et me l’avait fait gentiment comprendre. Je crois que
c’est ce « gentiment comprendre » qui m’a fait persévérer.
Quasiment en même temps, en août 2008, j’étais avec Philippe, je décidais de refaire un jardin d’artistes et je reprenais contact avec l’ensemble des artistes de l’ancien jardin.
Je pense que c’est à ce moment là qu j’ai re contacté David (c’est peut-être avant, tu m’excuseras mon Amour, c’est l’âge)
Pendant trois mois, je m’éclatais à aménager mon opensim en jardin d’artiste mais comme j’étais amoureuse, il fût très romantique. Et lorsque je dus de nouveau déménager sur Admicile, je m’éclatais
tout autant.
Pendant tout le temps que je fus avec Philippe, je fus très amoureuse.
Ce qui me plut avant tout chez Phil, maintenant que j’ai un peu de recul, c’est son semblant (je dis semblant parce qu’après tout ce qui c’est passé ces derniers mois, j’avais deux poutres dans les
yeux) de calme, de mesure, de pondération. J’avais besoin de calme en fait, de quiétude.
Parallèlement, je reprenais une vie normale dans le réel et j’avais besoin de normalité aussi dans secondlife.
Il est plus de deux heures du matin. Oui, je sais Amour, je suis une malade.
Je t’aime mon Ange.
Par Nathalie Charman
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Publié dans : Tu étais dans ma valise
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