Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /2009 00:16

Mercredi 12 août

 

 

Je me suis levée à 10h30 et je suis de mauvaise humeur : j’aime pas dormir en fait. J’ai l’impression de perdre du temps.

Fous toi de ma gueule. Tu verras quand tu seras une vieille chose comme moi.

Il est 11h et je ne suis toujours pas réveillée.

J’aimerais être sous une couette avec toi. Cela me réveillerait au moins

 

 

Je viens de t’avoir au téléphone. Comme d’habitude, tu as couru après les chats. Tu devrais ouvrir un commerce en ligne. Mais bon, les chats s’est pas une denrée qui se vend facilement sur le net.

Tu me manques. J’étais dans mon lit, j’avais tellement envie de toi.

 

Là je ne sais pas comment écrire la suite et comme j’ai envie de publier mon écrit sur mon blog, j’ai un peu de souci avec ça.

Personnellement, je n’ai aucun problème avec, du comment que cela s’est réellement passé. Mais, je ne suis pas seule et il y a toi et il y a Phil.

A vrai dire, je me fous de Phil. Il nous a suffisamment emmerdé depuis trois mois que je n’ai aucun scrupule. Mais c’est de toi que je m’inquiète.

 

Je vais écrire deux versions et tu choisiras celles que tu préfères.

Je me rends compte que nous avons fait une chose monstrueuse, mais je crois que c’est notre amour qui est monstrueux dans le sens d’immense.

Lorsqu’on s’aime, comme on s’aime, on peut faire des trucs de dingue.

Je n’ai aucun remord, lorsque je vois l’autre malade faire croire qu’il est une femme. Toi tu as l’excuse de ton désir de tranquillité avec ton alt féminin.

 

 

David me re-contacta un vendredi matin, de fin mars.

Depuis, plusieurs semaines, il n’utilisait plus David et venait sous sl avec un alt féminin qu’il avait créé un an auparavant pour être de temps en temps tranquille.

Il voulait arrêter complétement secondlife.

J’étais la seule et la première de ses ami(e) s qu’il contactait. Il avait besoin de parler à quelqu’un d'ouvert d’esprit.

J’arrêtais immédiatement ce que je faisais et je ne sais plus qui téléporta l’autre.

David devait avoir une liste d’amis, très grande et c’est moi, une ancienne maîtresse avec qui il parlait, en moyenne, une fois tout les deux mois qu’il voulait discuter.

Je ne me souvenais même pas si je lui avais dit mon métier. En tout cas, j’étais très flattée qu’il souhaite se confier à moi.

 

 

Je rentre de la plage et j’ai le nez qui me picote. Je crois que je n’ai pas mis assez de crème solaire. Je vais encore avoir un coup de soleil sur le nez.

L’eau était suffisamment fraîche pour que j’aie envie de toi.

En matant les nanas sur la plage, je me disais certes que j’ai quelques kilos à perdre, mais mon cas n’est pas désespéré !

 

 

Lorsque, je vis David, sous des traits féminins, même avec, à l’époque, une skin gratuite, si je n’avais pas su qui se cachait derrière, je n’aurais jamais pensé que c’était un homme.

Pourtant, je les détecte d’habitude facilement.

Mais David est un perfectionniste.

Je me souviens avoir passé des heures avec lui à essayer des skins pour lui ou pour son alt : pire qu’une gonzesse.

 

David était complètement désespéré. Sa Saint-Valentin avait été un fiasco Il disait haïr son ex partenaire, mais tout indiquait le contraire.

 

Il l’aimait encore. Comme celui qui n’a pas décidé de mettre le mot fin.

Il était profondément blessé et en colère contre lui-même, plus que contre sa compagne d’un an et demi.

Il y avait aussi beaucoup de fierté. Il s’en voulait beaucoup d’avoir compris très rapidement que leur couple déconnait et d’être resté, pensant que cela s’arrangerait avec le temps.

Il disait avoir gâcher plus d’un an de sa vie et d’être fini pour le build et ne voulait surtout pas revenir sous David.

 


 

A ce moment, il ne servait à rien que je proteste. De toute façon, j’avais l’impression de parler à un mur. La seule chose à faire s’était d’écouter.

Bien sûr, nous fîmes l’amour.

 

Dans les premiers jours, je n’étais pas amoureuse. Il y avait surtout beaucoup de tendresse pour un jeune ami face à une de ses premières peines de cœur et qui se dévalorisait énormément.

David m’avait appelé à l’aide. Certes, il m’avait appelé aussi pour me baiser, c’était accessoire et pas très compliqué à faire.

Je ne sais toujours pas trop pourquoi, il a pensé à moi pour l’aider. Mais en tout cas, je ne pouvais pas laisser, le plus grand builder que je connaissais, que j’admirais, quitter définitivement secondlife.

David n’était pas une cause désespérée car entre deux moments de déprime, il pouvait se montrer extrêmement gai et me faire mourir de rire. Il y a du rire, il y a de l’espoir.

 

Ces premiers jours, passés ensemble, sont un peu flou dans ma tête.

 

Très rapidement, David voulu rencontrer Philippe.

Notre relation avec David a toujours été très franche. Je suis sa confidente, il est mon confident. Il savait, très en détail la relation que j’entretenais avec Phil.

 

Quand David disait vouloir rencontrer Phil, ce n’était pas, simplement, pour boire une tasse de thé. David avait été très clair dans sa demande, comme toujours d’ailleurs.

Par contre, j’avais imaginé que cela ne se ferait qu’une fois et non pas un mois durant où nous allions faire ménage à trois.

 

Je fis, par ma réponse, la plus grosse bêtise que je n’ai jamais fait sur secondlife : j’acceptais.

 

Sincèrement, je pensais (je rêvais plutôt) que David se révélerait rapidement en tant qu’homme.

Phil, comme beaucoup d’homme, enrobait sa bisexualité sous des discours entendus et rabâchés : « ma part de féminité, veut connaître ce que vous ressentez en tant que femme ». Discours qui me fait doucement rigoler, parce que moi quand je fais l’amour avec une femme, je reste une femme. Phil s’était d’ailleurs fâché avec une shemale qu’il m’avait présenté parce que ce dernier lui disait d’assumer ces penchants au lieu de me faire des crises de jalousie.

 

En fait, j’espérais, à travers David, que Phil assume ce qu’il aimait aussi, lorsqu’il se déguisait en femme.

 

Alors, oui j’assume, je fus une vraie salope sur ce coup mais j’aimerais parfois que phil assume lorsqu’à la fin de notre relation, il se faisait baiser par plusieurs mecs sous des traits féminins.

Je me dis aussi parfois que j’ai pris cette décision, parce qu’inconsciemment, je n’étais plus amoureuse de Phil et que c’était une manière sûre de rompre définitivement : une manière de dégoûter Phil.

 

Le lendemain ou le surlendemain de notre première rencontre à trois, un jour avant mon anniversaire, je me rendais chez mon médecin pour lui parler de ma fatigue.

Le diagnostic fût clair : hernie et éventration.

Je devais repasser sur le billard.

Deux jours après, le chirurgien m’apprenait que ce n’était pas une mais trois éventrations que j’avais. Mon opération serait techniquement délicate et serait longue. Rendez-vous fût pris, pour l’opération, un mois plus tard.

 

Je savais que j’allais être arrêté encore de longs mois, que j’aurais une nouvelle cicatrice encore plus moche que celle que j’avais, que la morphine serait encore de retour, que le personnel de la crèche me ferait encore culpabiliser, mais surtout que je ne pourrais plus porter Roman pendant au moins un mois et ça il n’en avait pas besoin.

 

Contrairement, à la fois précédente, j’informais sobrement mon boulot et mes collègues. Je filtrais à mort mes appels téléphoniques et n’appelais pas mes copines. Je ne re-contactais surtout pas mon psy.

Surtout pas, cette fois de trop, se plaindre et se faire plaindre : je choisissais l’évitement et préférais m’éclater sur secondlife.

 

Alors, égoïstement pendant un mois, je continuais ma belle vie à trois : la journée avec David et le soir avec mes deux amoureux.

Oui, parfois, j’avais des remords mais pas souvent : après tout, nous étions heureux tout les trois, non ?

On peut me jeter la pierre mais n’oubliez pas de prendre, en même temps, mon fardeau que je porte depuis deux ans.

J’assume complètement ce que j’ai fait et dans le même contexte je le referai.

 


David me dit toujours être tombé très rapidement amoureux de moi.

Pour moi, se fût un peu plus long.

Un dimanche, il m’amena à Inspire Space Park et là dans ses bras, je réalisais que j’étais amoureuse.

N’ayant pas les photos sous les yeux, je ne me souviens plus qui était blotti dans les bras de l’autre. Mais la musique, le paysage, la zenitude du lieu et surtout ses « je t’aime » répétés inlassablement toutes les minutes eurent raison de moi.

J’étais si bien ainsi, si loin de mes soucis, si loin de tout. Nous aurions pu rester des journées ainsi.

J’étais heureuse dans ses bras, bercée par sa voix. Je réalisais que je l’aimais

 

 

Il est presque deux heures et je suis morte de fatigue.

Les larmes me viennent parce que par le manque et la distance, je réalise à quel point je t’aime.

 

 

 


 

 

Par Nathalie Charman - Publié dans : Tu étais dans ma valise
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