Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /2009 18:02

Jeudi 13 août

 

Je n’arrive toujours pas à me coucher avant deux heures du matin. Ici, pas besoin de se lever tôt. Mais il va bien falloir que je reprenne un rythme normal lorsque je devrai retourner au boulot. Vu la rapidité qu’ils ont pour me convoquer, ce n’est pas demain la veille.

Je ne suis pas du tout pressée de reprendre le travail, même à mi-temps.

Déjà parce que j’ai dû mal encore à encaisser deux ans de maltraitance de mon corps et que j’ai encore besoin de souffler.

Par ailleurs, parce que j’ai envie de rester avec, toi, David, sur notre nuage.

 

 

 

 

 

Ce n’est pas facile d’expliquer pourquoi on devient amoureux. Il y a une grande part d’inexplicable, mais je vais essayer d’expliquer pourquoi et comment, je suis tombée amoureuse de David.

 

 

Tu dis qu’untel à un grain. Mais nous, n’en avons-nous pas un gros ?

Comment deux personnes qui ne sont jamais vus, touchés peuvent-elles s’aimer ainsi ?

Comment deux personnes qui ont vingt ans de différence, qui n’ont pas du tout le même parcours de vie, ni les même goûts, peuvent être autant liées ?

Peut-être, tout simplement, parce qu’au moment où nous sommes rencontrés, nous avions besoin de l’autre, pour continuer à avancer, à vivre.

Le nombre de fois, depuis plus de deux ans, où j’ai voulu baisser les bras face à cette fatalité contre laquelle, je ne peux rien faire, a été très fréquente. L’impression d’être inutile est insupportable pour moi. Mes proches, ceux que j’aime et qui m’aiment me disent que je ne suis pas un boulet, mais je ne suis plus là même. Je pense que j’aimais être indispensable et je ne le suis plus. En tout cas, je ne suis plus le rocher auquel ils pouvaient s’accrocher.

Parfois, j’ai envie de partir parce que je ne suis plus indispensable.

Je suis quelqu’un d’hypersensible. Mes proches et mes amies le savent. Mais, j’étais aussi, grâce à cette hypersensibilité, le brave petit soldat qui se relevait toujours et sur lequel on pouvait toujours compter.

Il faut que j’accepte de ne plus tout maîtriser, de tout expliquer, de lâcher prise, sans devenir folle.

Je crois mon Amour que tu m’aides avant tout à accepter ces changements dans ma vie, en m’offrant, parce que c’est toi, une merveilleuse histoire d’amour.

 

 

David, lorsque nous nous sommes revus, ne fût pas du genre à passer son temps à me ressasser ses états d’âme. David est quelqu’un d’extrêmement discret et ne parle pas facilement de ses peines et de ses préoccupations ; bien que maintenant, au ton de son bonjour, je sais si il va bien ou pas.

De fait, nous parlions peu de cette année et demie où il a eu le sentiment de vivre en reclus.

 

De prime abord, ce qui me plaît chez David, c’est son humour. Je ne crois pas avoir autant rit avec quelqu’un d’autre, même dans le réel. Il a un humour mordant qui, parfois, lui joue des tours parce qu’il ne sait pas évaluer la tolérance de celui qui est en face de lui et peut être terriblement vexant. David a parfois du mal à s’arrêter. Quand, je ne suis pas d’humeur, je lui dis maintenant clairement, à fin de nous éviter des engueulades.

Mais nous sommes la plupart du temps très synchro ; riant des mêmes choses.

Ce que je préfère, c’est lorsque nous croisons des francophones qui se rendent ridicules et que nous surenchérissons de concert sur le chat local.

 

 

 

Ce soir, je n’écrirai certainement pas. Je n’ai plus l’habitude de boire et le Muscadet a eu raison de moi. Je n’ai plus les yeux en face des trous et ai du mal à voir les touches du clavier.

Je ne sais pas si je publierai tout cela sur mon blog. En tout cas, cela me fait du bien d’écrire, de poser sur papier ce que je ressens, ce que je vis.

Mes lecteurs, sauf quelque uns et David resteront des anonymes. Certains, je les croiserai IG. Je me fous de ce qu’ils pensent de moi, en bien ou surtout en mal. J’essaye simplement de comprendre ce qui m’arrive sur, plutôt, à travers secondlife.

 

Il y a presque dix ans, alors que je n’étais pas très bien et que je cherchais à faire le deuil de la non relation que j’avais avec mon père, qui avait conduit, en grande partie, à l’échec de mon couple et faussé mes relations avec les hommes, je tombais follement amoureuse d’une de mes connaissance professionnelle.

Comme, il ne travaillait plus sur le terrain et en tout cas loin de mon service, je déployais le grand jeu, pour le rencontrer le plus souvent possible et pour essayer de le séduire ; dans mon contexte professionnel ce n’est pas simple de séduire.

Enfin, hormis le fait qu’il était beau, grand, brun et les yeux verts, un peu timide et semblait intelligent, il n’y avait pas de quoi, normalement de me mettre dans des états pareils : rougissements, mains moites,bégaiements, genre le loup de Tex Avery au féminin.

Je n’arrivais pas à comprendre mes réactions et surtout le fait que je déployais autant d’énergie pour un homme qui certainement me décevrait. De plus, ce n’était pas dans mes habitudes, moi qui suis plutôt franche et direct de mettre autant de temps à faire comprendre à un homme qu’il m’intéressait.

Alors que mes amies qui le connaissaient de vue m’encourageaient dans mon approche toute en douceur, je m’alliais au discours de mes copains qui me trouvaient cruche, pour une fois, de ne pas être assez directe.

 


 

Alors, pendant trois mois, pour essayer de comprendre, s’écrivît une cinquantaine de feuillets.

Cela ne m’apporta aucune réponse sur mon comportement avec cet homme. Mais cela me permit de comprendre la relation que j’avais avec mon père, de faire le deuil de l’amour filial qu’il ne pouvait m’apporter et changea énormément mon rapport avec les hommes en général.

Cette relation ne fût que platonique et à sens unique : il ne confirma jamais notre premier rendez-vous qu’il m’avait pourtant donné.

Quelques mois plus tard, je rencontrais, l’homme de ma vie, le père de mon fils.

 

Alors, je me dis qu’en écrivant, ce qui m’arrive sur secondlife, j’arriverai à comprendre d’autre chose sur moi et peut-être à dépasser ses deux années de maladie.

 

Ces feuillets, personne d’autre que moi les ai lu. Alors ceux-ci pourquoi les partager ?

 

Parce que déjà, même si les premiers, je suis la seule à les avoir lu, le contenu est connu d’un certains nombre de mes amis qui ont enrichi ma réflexion. Cette histoire, mes amies dans le réel ne la connaîtront certainement jamais.

D’autre part, cette histoire n’est pas que la mienne, elle est aussi, celle de David.

 

Et, puis simplement, j’ai envie de partager la belle histoire que nous vivons tout les deux.

 

Finalement, moi qui ne pouvais pas écrire, je me suis encore une fois épanchée.

Il est deux heures du matin et demain, je dois me lever relativement tôt pour aller au marché.

 

Tout s’organise, de mon coté, pour que nous soyons tranquille, quelques jours, à mon retour.

J’ai hâte de te retrouver.

 

 

 


 

 

Par Nathalie Charman - Publié dans : Tu étais dans ma valise
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